Entretien préalable au licenciement : se faire assister
Une lettre vous convoque à un entretien préalable : c’est l’étape qui précède toute décision de licenciement. Délais à vérifier, personne qui peut vous accompagner, attitude pendant l’échange : les règles du code du travail, sans jargon.
Publié le 4 novembre 2026
Ce que doit contenir la convocation
L’article L1232-2 impose à l’employeur qui envisage un licenciement de convoquer le salarié « avant toute décision », par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre décharge. La lettre indique l’objet de la convocation. L’article R1232-1 ajoute qu’elle précise la date, l’heure et le lieu de l’entretien, et qu’elle rappelle votre droit d’être assisté.
Relisez donc la lettre avec une liste simple en tête :
- l’objet est-il clairement indiqué (un entretien préalable à un éventuel licenciement) ?
- la date, l’heure et le lieu figurent-ils ?
- la possibilité de vous faire assister est-elle mentionnée ?
- s’il n’y a pas de représentants du personnel, la lettre donne-t-elle l’adresse où consulter la liste des conseillers du salarié ?
Gardez l’enveloppe ou la décharge datée : elles servent à vérifier le délai.
Le délai de 5 jours ouvrables
L’entretien ne peut pas avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée ou sa remise en main propre (L1232-2). Selon la fiche service-public F2839, le jour de la première présentation et celui de l’entretien ne comptent pas, et le samedi est un jour ouvrable. Exemple donné par la fiche : lettre présentée un mardi, entretien au plus tôt le mardi suivant. Si le délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prolongé jusqu’au jour ouvrable suivant.
Qui peut vous assister
Lors de l’entretien, vous pouvez vous faire assister par une personne de votre choix appartenant au personnel de l’entreprise. Lorsqu’il n’y a pas d’institutions représentatives du personnel, vous avez le choix entre un membre du personnel et un conseiller du salarié inscrit sur une liste dressée par l’administration (L1232-4).
Le conseiller du salarié est une personne extérieure à l’entreprise. La liste est arrêtée dans chaque département par le préfet, publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture et tenue à disposition dans chaque section d’inspection du travail et dans chaque mairie (D1232-5). Les conseillers exercent leur mission à titre gratuit (D1232-4) et la liste ne peut pas comporter de conseillers prud’hommes en activité (L1232-7). La fiche F2839 précise que la mairie à consulter est celle de votre domicile si vous habitez le département de l’entreprise, sinon celle du lieu de travail.
Prévenez la personne tôt : le délai de cinq jours ouvrables est court. Un collègue qui vous accompagne peut aussi prendre des notes, ce qui sera utile si vous contestez ensuite le licenciement.
Pendant l’entretien
L’employeur, ou la personne qui le représente, vous expose les motifs de la décision envisagée et recueille vos explications (fiche F2839). Quelques réflexes :
Écouter et noter
Demandez que les reproches soient précisés : dates, faits, documents. Notez-les mot à mot, avec votre accompagnant.
Répondre sans s’emporter
Vous pouvez apporter votre version et des éléments écrits. Ne signez pas sur place un document que vous n’avez pas pu relire au calme.
Rédiger un compte rendu
Le soir même, écrivez ce qui a été dit, daté, et faites-le relire par la personne qui vous a assisté.
Vous n’êtes pas obligé de vous présenter : votre absence ne peut pas vous être reprochée, mais l’employeur peut poursuivre la procédure (fiche F2839). En cas de motif disciplinaire, l’employeur peut aussi prononcer une mise à pied conservatoire le temps de la procédure.
Après l’entretien
La lettre de licenciement est envoyée en recommandé avec avis de réception, au moins deux jours ouvrables après la date prévue de l’entretien, et elle énonce le ou les motifs (L1232-6). Pour un motif disciplinaire, la sanction ne peut pas intervenir plus d’un mois après le jour fixé pour l’entretien (L1332-2). Dans les 15 jours suivant la notification, vous pouvez demander des précisions sur le motif (fiche F2839).
À partir de la notification, le délai pour contester le licenciement devant le conseil de prud’hommes est de 12 mois (L1471-1). Les étapes sont décrites sur notre page licenciement, et les pièces à rassembler dans le guide préparer son dossier. Consulter un avocat avant l’entretien permet de préparer vos réponses ; le consulter après permet de lire la lettre au regard des délais pour agir.
Votre entretien préalable approche ?
C’est le bon moment pour prendre conseil. Relisez la procédure de licenciement pour motif personnel et, si une faute vous est reprochée, ce qui change en cas de faute grave.
Questions fréquentes
Suis-je obligé de me rendre à l’entretien préalable ?
Non. Selon service-public.gouv.fr (fiche F2839), votre absence ne peut pas vous être reprochée, mais l’employeur peut poursuivre la procédure de licenciement. Venir permet en général de donner votre version et de connaître les reproches.
Puis-je venir avec un avocat à l’entretien préalable ?
L’article L1232-4 du code du travail prévoit l’assistance par une personne appartenant au personnel de l’entreprise, ou par un conseiller du salarié lorsqu’il n’y a pas de représentants du personnel. Un avocat peut en revanche vous aider à préparer l’entretien et à lire la lettre de licenciement ensuite.
Où trouver la liste des conseillers du salarié ?
La liste est arrêtée par le préfet dans chaque département. Elle est tenue à disposition dans les mairies et les sections d’inspection du travail (article D1232-5), et la lettre de convocation doit indiquer où la consulter.