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Licenciement abusif

Licenciement sans cause réelle et sérieuse

« Licenciement abusif » est l’expression courante ; le code du travail parle de licenciement sans cause réelle et sérieuse. C’est au conseil de prud’hommes de le constater. Cette page publie le barème légal en entier, explique ce qui l’écarte et ce que vous pouvez préparer.

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  • Rien n’est transmis à votre employeur

Ce que dit la loi

Tout licenciement pour motif personnel doit être justifié par une cause réelle et sérieuse (art. L1232-1). Lorsque le juge estime que le motif invoqué dans la lettre n’est pas valable, il peut proposer la réintégration du salarié avec maintien de ses avantages acquis. Si l’une ou l’autre partie la refuse, il accorde une indemnité à la charge de l’employeur, comprise entre un plancher et un plafond fixés par l’article L1235-3.

Pour se forger une conviction, le juge apprécie la régularité de la procédure et le caractère réel et sérieux des motifs au vu des éléments fournis par les deux parties ; il doit justifier dans son jugement le montant des indemnités, et le doute profite au salarié (art. L1235-1). La lettre de licenciement fixe les limites du débat : l’employeur ne peut pas, au procès, invoquer d’autres motifs que ceux qu’il a écrits, éventuellement précisés à votre demande (art. L1235-2).

Trois notions à ne pas confondre. Un licenciement nul est interdit par la loi ; un licenciement sans cause réelle et sérieuse repose sur un motif non valable ; un licenciement irrégulier a un motif valable mais une procédure non respectée (service-public.gouv.fr, fiche F1848).

Le barème de l’article L1235-3, en entier

Montants en mois de salaire brut, selon l’ancienneté en années complètes. La colonne « moins de 11 salariés » donne le plancher dérogatoire applicable aux entreprises employant habituellement moins de onze salariés ; le plafond reste le même.

AnciennetéMinimumMinimum (moins de 11 salariés)Maximum
0sans objetsans objet1
110,52
230,53,5
3314
4315
531,56
631,57
7328
8328
932,59
1032,510
113non prévu10,5
123non prévu11
133non prévu11,5
143non prévu12
153non prévu13
163non prévu13,5
173non prévu14
183non prévu14,5
193non prévu15
203non prévu15,5
213non prévu16
223non prévu16,5
233non prévu17
243non prévu17,5
253non prévu18
263non prévu18,5
273non prévu19
283non prévu19,5
293non prévu20
30 et au-delà3non prévu20

Source : code du travail, art. L1235-3 (ordonnance n° 2017-1387), texte affiché par code.travail.gouv.fr, consulté le 04/11/2026. « Non prévu » : le texte ne fixe pas de plancher réduit au-delà de 10 ans pour les entreprises de moins de 11 salariés.

Pour fixer le montant, le juge peut tenir compte des indemnités de licenciement déjà versées, sauf de l’indemnité légale de l’article L1234-9. Celle-ci reste donc due en plus. Service-public.gouv.fr propose un simulateur officiel des indemnités pour licenciement abusif ; notre guide barème des indemnités l’accompagne d’explications.

Quand le barème ne s’applique pas

L’article L1235-3-1 écarte le plafond lorsque le licenciement est nul pour l’une de ces raisons : violation d’une liberté fondamentale, harcèlement moral ou sexuel, discrimination, action en justice pour l’égalité entre les femmes et les hommes ou dénonciation de crimes et délits, licenciement d’un salarié protégé en raison de son mandat, méconnaissance des protections liées à la maternité ou à l’accident du travail et à la maladie professionnelle. Le salarié qui ne demande pas sa réintégration reçoit alors au moins les salaires des six derniers mois. Ces cas sont détaillés sur les pages harcèlement moral, harcèlement sexuel et discrimination et salarié protégé.

Les étapes et les preuves utiles

  1. Relire la lettre

    Les motifs sont-ils précis et datés ? Dans les 15 jours suivant la notification, une demande de précisions est possible par recommandé (fiche F2839).

  2. Réunir vos pièces

    Évaluations annuelles, objectifs, mails de félicitations ou de reproches, attestations de collègues, planning : tout ce qui éclaire la réalité du motif.

  3. Calculer les enjeux

    Ancienneté en années complètes, salaire brut, effectif de l’entreprise : ce sont les trois données qui situent votre cas dans le barème.

  4. Tenter un accord

    Une négociation reste possible jusqu’au jugement, y compris en conciliation, où une indemnité forfaitaire fixée par référence à un barème réglementaire peut être convenue (art. L1235-1).

  5. Saisir les prud’hommes

    Par requête au greffe, avec un timbre fiscal de 50 € sauf aide juridictionnelle (fiche F2360). La suite est décrite sur la page prud’hommes.

Les délais

Le recours se prescrit par 12 mois à compter de la notification du licenciement (art. L1471-1). Pour un licenciement nul en lien avec un harcèlement ou une discrimination, le délai est de 5 ans selon la fiche F2360. Notre tableau des délais pour agir reprend tous les cas.

Est-ce que ça vaut le coup ?

Le barème donne une fourchette, pas un résultat : le juge se place librement entre le plancher et le plafond, et tout dépend de la preuve. À mettre en regard : le coût de l’avocat, dont la convention d’honoraires est obligatoirement écrite (repères sur la page honoraires d’un avocat en droit du travail), la prise en charge éventuelle par votre protection juridique ou par l’aide juridictionnelle (revenu fiscal de référence jusqu’à 12 957 € pour une personne seule pour l’aide totale en 2026, fiche F18074). Un honoraire de résultat peut compléter un honoraire fixe, jamais le remplacer (explications).

Ce que fait l’avocat côté salarié

Il confronte le motif écrit aux pièces, identifie si le dossier relève plutôt de la nullité (hors barème) ou de l’absence de cause réelle et sérieuse, chiffre les demandes (indemnité de licenciement, préavis, congés payés, dommages et intérêts) et choisit entre négociation et procès avec vous. Il vous représente à chaque audience si vous le souhaitez.

Les options gratuites

Défenseur syndical, services du ministère du Travail en région, Allô Service Public : les aides sans frais sont présentées sur la page conseil gratuit en droit du travail.

Questions fréquentes

Quel est le montant maximal pour un licenciement abusif ?

L’article L1235-3 fixe un plafond qui va de 1 mois de salaire brut sans ancienneté complète à 20 mois à partir de 29 ans d’ancienneté. Ce plafond ne s’applique pas aux licenciements nuls listés à l’article L1235-3-1.

L’indemnité légale de licenciement s’ajoute-t-elle aux dommages et intérêts ?

Oui. Le juge peut tenir compte des indemnités de licenciement versées pour fixer les dommages et intérêts, à l’exception de l’indemnité légale de l’article L1234-9, qui reste due en plus.

Le barème est-il différent dans une petite entreprise ?

Oui pour le plancher : dans une entreprise employant habituellement moins de 11 salariés, le minimum est réduit, de 0,5 mois à 1 an d’ancienneté jusqu’à 2,5 mois à 10 ans. Le maximum est le même que dans les autres entreprises.

Puis-je demander ma réintégration ?

Le juge peut la proposer en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, mais chaque partie peut la refuser. En cas de licenciement nul, le salarié peut la demander et l’employeur ne peut s’y opposer que si elle est impossible, selon la fiche F1848 de service-public.gouv.fr.

Faire relire sa lettre par un avocat qui défend les salariés

Gratuit pour vous, sans engagement. Vous décidez de la suite après l’échange.

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