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Inaptitude

Inaptitude et licenciement pour inaptitude

Un avis d’inaptitude du médecin du travail ouvre une procédure encadrée : recherche de reclassement, reprise du salaire au bout d’un mois, puis éventuellement licenciement. Les indemnités changent beaucoup selon que l’inaptitude a ou non une origine professionnelle.

  • Gratuit pour vous
  • Aucune question sur votre santé
  • Rien n’est transmis à votre employeur
Votre santé reste entre vous et vos médecins. Ce site ne vous demande aucune information médicale, et le formulaire n’en contient pas. Vous parlerez de votre dossier directement avec l’avocat.

Ce que dit la loi

Seul le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte à son poste, pas le médecin traitant. Avant de rendre son avis, il réalise un examen, une étude du poste et des conditions de travail, et échange avec l’employeur. Il ne conclut à l’inaptitude que si aucun aménagement, adaptation ou transformation du poste n’est possible. L’avis comporte des conclusions écrites et des indications sur le reclassement (service-public.gouv.fr, fiche F726, vérifiée le 23/05/2025, consultée le 04/11/2026 ; art. R4624-42 à R4624-45-2).

L’inaptitude n’est pas l’invalidité : la première relève du médecin du travail, la seconde du médecin conseil de la CPAM ou de la MSA.

Une fois l’avis rendu, l’employeur doit proposer un autre emploi adapté, aussi proche que possible du précédent, après avis du CSE, en tenant compte des indications du médecin du travail. La recherche porte sur tous les établissements et, s’il y a un groupe, sur les entreprises situées en France qui permettent une permutation du personnel. Il en est dispensé si l’avis indique que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement. S’il ne peut rien proposer, il doit vous en donner les motifs par écrit (art. L1226-2 à L1226-4-3 et L1226-10 à L1226-12).

Origine professionnelle ou non : ce qui change

CDIOrigine non professionnelleAccident du travail ou maladie professionnelle
Indemnité de licenciementAu moins l’indemnité légale, avec 8 mois d’ancienneté ininterrompueIndemnité spéciale au moins égale au double de l’indemnité légale, sans condition d’ancienneté
PréavisPas de préavis ni d’indemnité de préavis, sauf disposition conventionnelleIndemnité compensatrice d’un montant égal à l’indemnité de préavis
Refus abusif du poste proposéSans objetRetour à l’indemnité légale simple

Source : service-public.gouv.fr, fiche F31225 (art. L1226-13 à L1226-17, L1234-9), vérifiée le 11/08/2025, consultée le 04/11/2026. Le refus est abusif lorsque le poste proposé respecte les préconisations du médecin du travail et ne modifie pas le contrat.

Si l’inaptitude fait suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle, une indemnité temporaire d’inaptitude peut être versée par la CPAM ou la MSA pendant la période de recherche, d’un montant égal aux indemnités journalières précédentes (fiche F15341). Le lien avec le travail se discute souvent : voir la page accident du travail et maladie professionnelle.

Les étapes

  1. Visite de reprise

    À l’initiative de l’employeur, le jour de la reprise ou au plus tard dans les 8 jours. Pendant l’arrêt, seule une visite de pré-reprise est possible, demandée par vous, votre médecin traitant ou le médecin conseil.

  2. Avis d’inaptitude

    Le médecin peut procéder à un second examen au plus tard 15 jours après le premier. Vous recevez un exemplaire de l’avis.

  3. Recherche de reclassement

    Aucune durée légale minimale ou maximale. Vous pouvez refuser un poste, mais les conséquences diffèrent selon l’origine de l’inaptitude (tableau ci-dessus).

  4. Reprise du salaire

    Le premier mois n’est pas payé par l’employeur, sauf convention collective. Au-delà, sans reclassement ni licenciement, il doit reprendre le versement du salaire du poste occupé avant l’inaptitude.

  5. Licenciement éventuel

    Il suit la procédure habituelle : convocation, entretien, lettre motivée.

Délais

Deux délais très différents se succèdent : 15 jours pour contester l’avis lui-même devant le conseil de prud’hommes, puis 12 mois pour contester le licenciement (art. L1471-1). Le tableau complet est sur la page délais pour agir.

Est-ce que ça vaut le coup ?

Ce site n’évalue aucun dossier. Les éléments publics à connaître : lorsque le juge retient un manquement de l’employeur, par exemple l’absence de recherche de reclassement, le licenciement peut être jugé sans cause réelle et sérieuse, avec une indemnité compensatrice de préavis (fiche F31225) et des dommages et intérêts selon le barème L1235-3. L’écart entre indemnité légale et indemnité spéciale doublée peut à lui seul justifier de faire examiner l’origine de l’inaptitude. Pour le budget, comparez protection juridique, aide juridictionnelle et honoraires observés.

Le rôle de l’avocat côté salarié

L’avocat vérifie la régularité de la procédure médicale, le sérieux et le périmètre des recherches de reclassement, la consultation du CSE et la qualification professionnelle ou non de l’inaptitude, qui commande le montant des indemnités. Il peut écrire à l’employeur pendant la période de reclassement, contester l’avis dans le délai de 15 jours si c’est utile, puis le licenciement.

Options gratuites

Être contacté par un avocat côté salarié

Gratuit pour vous, sans engagement. Votre demande va uniquement à l’avocat partenaire de votre ville, qui défend les salariés ; s’il n’y en a pas encore, rien n’est transmis et vous êtes orienté vers les aides gratuites. Premier contact sous 24 heures, par téléphone ou par email. Rien ne part à votre employeur.

Questions fréquentes sur l’inaptitude

Mon médecin traitant peut-il me déclarer inapte ?

Non. L’inaptitude au poste est établie par le médecin du travail. Le médecin traitant peut en revanche demander une visite de pré-reprise pendant l’arrêt (service-public.gouv.fr, fiche F726).

Puis-je contester l’avis d’inaptitude ?

Oui. Le salarié comme l’employeur peut saisir le conseil de prud’hommes dans les 15 jours suivant la notification de l’avis. Le conseil peut consulter le médecin-inspecteur du travail (fiche F726).

Suis-je payé pendant la recherche de reclassement ?

L’employeur n’a pas à vous rémunérer pendant le premier mois, sauf disposition conventionnelle. Sans reclassement ni licenciement à l’issue de ce mois, il doit reprendre le versement du salaire. En cas d’origine professionnelle, une indemnité temporaire d’inaptitude peut être versée par la CPAM (fiches F726 et F15341).

Ai-je droit à l’indemnité doublée ?

L’indemnité spéciale, au moins égale au double de l’indemnité légale, concerne l’inaptitude consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle (art. L1226-14). Elle n’est pas due en cas de refus abusif du poste de reclassement (fiche F31225).

Dois-je décrire ma maladie pour être contacté par un avocat ?

Non. Le formulaire ne demande que la catégorie de situation, la ville et vos coordonnées. Les éléments médicaux, vous ne les partagez qu’avec l’avocat, si vous le souhaitez.